Fait vécu: une journée de suppléance infernale et... formatrice!

Suppléance de 2 jours, classe de 5e année.

par ecoleetbricoles.blogspot.comLe téléphone sonne.  On m’offre une suppléance de deux jours dans une classe de 5e année.  Toute fraîche sortie de l’Université, je suis heureuse de pouvoir me faire de l’expérience.  J’accepte avec enthousiasme. Jeudi matin arrive. Dès mon arrivée à l’école, la secrétaire me souhaite une bonne journée et… bon courage. Bon… courage ? Même chose du prof d’éducation physique que je croise dans le corridor et qui m’aide à me diriger vers mon local.  Je comprends que l’enseignante est en arrêt pour quelques jours, épuisée par la dure année qu’elle vit auprès de ces élèves turbulents.


Pleine de positivisme, je me dis que cela se passera bien et j’ai hâte que la cloche sonne pour commencer ma journée. Avec une main de fer, je débute les cours et me rends jusqu’à la récréation sans trop d’anicroches.  Je me montre ferme et mon autorité semble bien installée… jusqu’en après-midi.  N’ayant pas complété tous les travaux demandés dans la planification de l’enseignante dû à leur bavardage, je garde 4 élèves en classe à la récréation. 


La scène que je vais vous décrire semble tirée d’un film. En fait, je me tenais dans le cadre de porte de la classe telle une observatrice derrière son écran de télé, ne sachant pas si je devais en rire ou en pleurer. Devant mes yeux, j’ai vu de quoi des enfants pouvaient être capables ! Je ne savais pas si je devais féliciter leur imagination pour tourner un prof en bourrique ou m’en désoler.


Ne voulant pas terminer leurs travaux, deux élèves sont montés sur leur pupitre en scandant : « So-so-so, solidarité ! ». Au tableau, une de leur camarade s’était emparée d’une craie et remplissait frénétiquement le tableau vert d’un slogan choc :  « Joyce la parfaite. »  Mais c’est quand j’ai vu le 4e élève subtilement ouvrir la porte du garde-robe de classe et  s’y enfermer que les deux bras me sont tombés… Il s’était embarré et je n’avais évidemment pas la clé.  En une petite-minuscule-microscopique minute, tout avait basculé.  Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Et vous ?


J’ai eu le goût de prendre mes cliques et mes claques en laissant un post-it pour le concierge sur la porte du garde-robe avec comme mention « À ouvrir à vos risques ».  

Je l'avoue: j'ai eu le goût de leur refiler une  toute petite claque derrière la tête (sauf pour le prisonnier du garde-robe que j’aurais laissé là…). 

Je l'admets: j’ai eu une folle envie de courir à toutes jambes vers ma voiture, espérant démarrer assez rapidement pour que personne ne puisse me retenir dans cette classe…

Mais non.  Calmement, sans paniquer, j’ai fait appel à la secrétaire par l’intercom lui demandant de faire venir le concierge.  Vous auriez dû l’entendre lorsqu’elle m’a demandé pour quelle raison ce dernier était appelé. « Euh… pour libérer un élève du garde-robe… ».  Quelle blague !


À la fin de cette journée, j’étais totalement épuisée, mais les 4 fautifs avaient fait le travail demandé. En plus, je savais que j’y retournais… le lendemain. Rappelez-vous, j’avais accepté deux jours de suppléance. La belle affaire !


N’ayant qu’une parole, j’y suis allée. Les 4 rebelles filaient définitivement plus doux que la veille. Mes deux jours finalisés, j’étais fière de moi. Mission accomplie! J’avais su gérer la situation avec calme et professionnalisme. Vivement le weekend pour me remettre de ces deux jours de suppléance!  Comme je compatissais avec la titulaire…

Même lors d’une suppléance, avoir l’attitude d’un titulaire.  Se poser la question :   et si j’avais à revenir dans ce groupe ou dans cette école, comment est-ce que je voudrais être perçue par les élèves et les collègues ? Professionnalisme, calme et rigueur sont de mise en tout temps.




Au cours de la fin de semaine, j’ai reçu un appel de la directrice de l’école.  Elle avait aimé ma façon d’intervenir et me demandait de retourner faire de la suppléance lundi et mardi dans la même classe. Je l'avoue: j'ai refusé…  Je ne suis pas masochiste quand même ! 

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